Riche d’une longue histoire, Château Bas a été racheté il y a quelques années par la famille Castéja, qui entend bien faire de son domaine un grand nom des vins de Provence.
La cité antique a laissé place aux vignes. Du temple romain, édifié vers 30 avant Jésus-Christ, subsistent aujourd’hui quelques pans de murs et deux hautes colonnes, ultimes témoins d’un temps où les lieux abritaient un ensemble d’habitations, des thermes et des bâtiments agricoles. Adossée au mur oriental de cet édifice corinthien se dresse une petite chapelle du XIᵉ siècle. Nef carrée, abside voûtée : bâtie selon une architecture proche de celle du temple qui l’a précédée, elle fut consacrée en 1054 par l’évêque d’Apt et prit alors le nom de Saint-Césaire. Elle marque l’ancrage progressif de la présence chrétienne en ces terres depuis les premiers siècles de notre ère. À lui seul, Château Bas est un livre d’histoire.

Aux alentours, s’étendent 300 hectares d’un seul tenant, en pente douce. Garrigues parfumées, oliviers argentés et amandiers se mêlent harmonieusement dans ce domaine implanté au cœur du vignoble d’Aix-en-Provence. Au centre, une somptueuse bâtisse dont les origines remontent au XVe siècle. On y accède par une longue allée de cailloux blancs, qui mène à une terrasse ombragée où l’on s’imagine déjà passer les après-midi d’été, chapeau de paille sur la tête. Volets clairs, vigne vierge courant le long des murs : le décor semble tout droit sorti des souvenirs de Pagnol. Château Bas est aussi une carte postale et une invitation au voyage.

Mais surtout, cette terre est une terre de vins. La famille Castéja, grand nom du Bordelais, ne s’y est pas trompée en rachetant la propriété en 2020. Si le coup de cœur a déclenché la transaction, c’est bien l’amour du vin et du terroir qui l’a conduite ici. Sur les 300 hectares du domaine, 75 sont dédiés à la vigne ; mais les 200 hectares de forêts et de prairies préservées, ainsi que les 3,5 hectares d’oliviers et d’amandiers, participent pleinement à la richesse de cet écosystème. Car la terre est la racine de tout. Le vin qu’elle fait naître lui est indissociable. Alors on en prend soin. « La biodiversité est un atout majeur. Ici, elle est à la fois riche et variée : insectes, abeilles, frelons, oiseaux, chevreuils ou sangliers trouvent refuge sur le domaine et contribuent à son équilibre », explique-t-on à Château Bas.

Les sols, ici, sont travaillés avec respect, afin que les vignes, nourries par cette biodiversité foisonnante, gagnent en résistance face aux aléas climatiques ou biologiques. Plantées sur des coteaux argilo-calcaires secs, baignés de soleil, elles sont régulièrement balayées par un mistral vif et froid accentué par l’altitude qui les protège de l’excès de chaleur. Pour le meilleur : le raisin y gagne en concentration et en caractère.

À son arrivée, la famille Castéja s’est attachée à clarifier la gamme afin de mieux mettre en valeur le savoir-faire de la maison. Retrait des mauvaises vignes, changement de cuveries et de vinification : tout a été fait au service de la qualité. De sorte qu’aujourd’hui, Château Bas figure parmi les meilleurs vins de Provence. Deux lignes structurent désormais la production, chacune déclinée en trois couleurs. La gamme Le Temple en constitue le sommet. Ses trois cuvées, issues des plus belles parcelles du domaine, expriment avec précision la vision du vin portée par Château Bas.
Le rouge 2024, assemblage de syrah et de grenache, se distingue par sa complexité. À la fois puissant et élégant, porté par des notes de fruits noirs, il s’impose comme un fidèle interprète de son terroir. Le blanc, assemblage de rolle et de sauvignon, dévoile quant à lui un profil fruité, subtilement boisé, animé par une belle fraîcheur dans ce millésime 2024. Assurément, Château Bas entend bien porter vers le haut son nom et son terroir.
R.R.