lhonoremagazine
  • Histoire
  • Rencontre
  • Savoir-Faire
    • Gastronomie
    • Horlogerie
    • Joaillerie
    • Artisanat / Artisanat d’Art
  • Styles
    • Vin
    • Mode
    • Décoration / Design
    • Shooting
  • Evasion
    • Culture
    • Les tables de L’Honoré
    • Automobile
    • Voyages
  • Contact
S'abonner
NEWSLETTER
lhonoremagazine
S'Abonner
lhonoremagazine
  • Histoire
  • Rencontre
  • Savoir-Faire
    • Gastronomie
    • Horlogerie
    • Joaillerie
    • Artisanat / Artisanat d’Art
  • Styles
    • Vin
    • Mode
    • Décoration / Design
    • Shooting
  • Evasion
    • Culture
    • Les tables de L’Honoré
    • Automobile
    • Voyages
  • Contact
  • Gastronomie
  • Savoir-Faire

Le grand essor du whisky français

  • 7 minutes de lecture
Total
0
Shares
0
0
0

Encore méconnue il y a quelques années, la France s’impose désormais comme une grande nation du whisky. Elle s’appuie sur des acteurs dynamiques, sur un savoir-faire ancestral en matière de distillation et sur des matières premières de grande qualité.

Par Frédéric Edmond

C’était là, sous ses yeux, et il l’ignorait. Il faut dire qu’à cette époque, au tournant des années 2 000, avec 100 000 bouteilles produites par an, la France n’était pas vraiment une grande nation du whisky. Ce jour-là, pourtant, de retour d’Ecosse, en moissonnant l’un des champs d’orge de la distillerie familiale Grallet installée depuis 1877 à Rozelieures, petit village de 200 âmes perché entre Nancy et Epinal, Christophe Dupic saisit comme une évidence qu’il tient là de quoi produire de grands whiskies : de l’eau en qualité et en quantité suffisantes grâce au volcan éteint depuis 20 millions d’années, des céréales de premier choix cultivés sur près de 300 hectares d’un sol riche, des chênes abondants grâce aux forêts voisines et aux bois présents sur les terres de l’entreprise, une distillerie de deux alambics à repasse, et une longue tradition familiale de vieillissement sous bois et d’assemblage.

Vingt-cinq ans plus tard, le whisky Rozelieures fait partie des incontournables du whisky français : il s’en vend, chaque année, 100 000 bouteilles. Il faut dire que Christophe Dupic est l’un des rares à pousser aussi loin le concept de fabrication française. Pour cela, la distillerie s’appuie sur un savoir-faire complet maîtrisé à la propriété jusqu’à l’embouteillement. Outre l’approvisionnement en matières premières issues de son propre domaine, la famille Dupic assure elle-même le maltage, le tourbage et le brassage. L’orge, une fois brassé, passe dans l’un des alambics à repasse de 1 600 ou 3 200 litres adaptés à la production de whiskies ronds et gras. Enfin, avant l’embouteillement, Rozelieures offre à ses distillats et aux futurs whiskies ses propres conditions de vieillissement. Ses single malts – 100 % orge maltée – se déclinent en plusieurs gammes, parmi lesquelles la gamme Collection occupe la place centrale. Elle regroupe six whiskies Fumé, Tourbé, Subtil, Organic, Origine et Rare, embouteillés à leur couleur naturelle et non filtrés à froid de manière à conserver leur texture grasse et leurs arômes. Un magnifique 18 ans couronne sa gamme. Légèrement tourbé, d’une grande puissance, il a vieilli 18 ans en fûts de vins français et offre une richesse aromatique exceptionnelle.

Deux millions de bouteilles par an

A l’image de Rozelieures, il est peu dire que le whisky français, en quelques années, a changé d’envergure. De 100 000 bouteilles en 2000, il se vend désormais près de deux millions de whiskies français chaque année. « Du statut de production émergente, la France est passée à celui de filière structurée et reconnue », confirme-t-on à la Fédération du Whisky de France, qui fête ses dix ans en 2026. La Fédération regroupe maintenant 65 entreprises, pour une centaine de distilleries françaises produisant du whisky, réparties dans 62 départements.

Déjà à la pointe des spiritueux grâce au cognac, à l’armagnac ou encore au calvados, la France dispose d’atouts majeurs pour la fabrication de whisky. Elle en est même l’un des acteurs les plus légitimes, elle qui, avant la Révolution déjà, produisait des eaux de vie de céréales. « Notre pays peut se targuer de disposer de tous les éléments nécessaires à la production de whisky, assure-t-on à la Fédération du Whisky de France. Il compte des orges et autres céréales de grande qualité que les distilleries du monde entier s’arrachent. » Ces semenciers fournissent plus de 90 % d’une filière désireuse de s’inscrire dans un ancrage agricole local. Parallèlement, l’Hexagone maîtrise le maltage et le brassage, dont elle revendique la paternité de l’invention des grandes techniques actuelles. Enfin, la France abrite de vaste forêts de chênes, plantées par Colbert au XVIIe siècle pour pourvoir aux besoins des flottes navales du royaume, et qui demeurent historiquement associées à une grande maîtrise de la tonnellerie. Au-delà de ce patrimoine, le pays possède un atout-maître envié par le monde entier : son excellence dans l’art de l’assemblage !

Sur ce secteur, Armorik est un peu le grand frère. Fondé par la Distillerie Warenghem au début des années 80 dans les Côtes d’Armor, il est tout simplement le premier whisky français à avoir vu le jour. Aujourd’hui, avec 350 000 bouteilles vendues en 2025, il fait figure de fer de lance. En 2019, le savoir-faire de la distillerie familiale, installée en Bretagne depuis 1900, a été reconnu par l’obtention du prestigieux label EPV (Entreprise du patrimoine vivant), faisant d’elle la première distillerie française de whisky à intégrer ce cercle fermé de maisons françaises d’exception. Privilège des aînés, Armorik propose aujourd’hui dans sa gamme plusieurs mentions d’âge : 10 ans, 15 ans et même 18 ans. Le 10 ans, depuis peu, est devenu un permanent dans la gamme dont il est désormais le whisky phare. Fruit d’une double distillation et non filtré à froid, ce whisky complexe, rond et fruité, incarne l’excellence du savoir-faire de la maison. Pour David Roussier, à la tête de Warenghem, ces mentions d’âge sont une valeur ajoutée. « L’âge reste associé à une plus grande complexité aromatique. Nous avons la chance d’avoir les stocks qui permettent de les élaborer », assure-t-il. Porté par une vraie dynamique de croissance, Armorik, qui dispose en interne d’un maître de chais, gage d’excellence dans l’art de l’assemblage, multiplie les investissements. En 2019, la distillerie s’est dotée de deux nouveaux chais pour tripler sa capacité de vieillissement, ainsi que d’un nouvel espace d’accueil articulé autour d’une salle de dégustation et d’un lieu d’exposition. Parallèlement, l’entreprise a racheté en 2023 une tonnellerie bretonne, avec laquelle elle travaillait historiquement. Ce qui lui permettra d’expérimenter de nouvelles essences de bois, une grande diversité de grains ou encore des types de chauffes inédits. Et, d’ici peu, Warenghem inaugurera un bar à whisky dans ses murs, « à la façon des pubs écossais chaleureux », lequel fera la part belle aux whiskies bretons.

Le blé noir, signature d’Eddu

Non loin de là, dans le Finistère, Eddu est également l’un des acteurs historiques du secteur. Créé par la distillerie des Menhirs, il s’impose comme l’un des principaux whiskies français, avec 165 000 bouteilles produites en 2025. Sa singularité réside dans l’utilisation de blé noir pour l’élaboration de ses whiskies, affirmant une identité bretonne assumée. Une identité couronnée par l’IGP Whisky de Bretagne, garantissant que l’ensemble du processus d’élaboration, du broyage au vieillissement, est réalisé au sein de sa distillerie installée à Plomelin. Présent sur le marché du whisky depuis la fin des années 90 – son premier whisky est sorti en 2002 –, Eddu peut se targuer de proposer dans sa gamme un 10 ans et un 15 ans. « C’est non seulement un gage de transparence, mais aussi de notre expérience et de notre crédibilité », affirme Loig Le Lay, à la tête de l’entreprise avec ses deux frères. « Pour le client, cela permet de montrer que nous, les pionniers, sommes toujours présents. »

Si Eddu mise sur l’innovation, notamment en proposant désormais des crèmes de whisky, ses whiskies pur blé noir demeurent ses produits phares. Le Silver, né en 2002, en est l’étendard : vieilli cinq ans en fût de chêne français ayant contenu du cognac et titré à 43 %, il est équilibré et fruité, marqué par une grande onctuosité. Le Brocéliande, plus boisé, est de son côté vieilli en fût de chêne neuf issu de la forêt voisine de Brocéliande. L’entreprise bretonne porte sur l’avenir un regard de confiance. Cette année, elle a investi 1,5 million d’euros pour construire un nouveau bâtiment de 450 m2 dédié à l’accueil du public. Prévu pour 2027, il permettra d’agrandir sa boutique et de mettre en scène un musée ainsi qu’un atelier et des espaces de séminaires.

La distillerie de Chevanceaux, en Charente, est arrivée plus tardivement sur le marché avec son whisky Pointe Blanche. Un peu comme une suite logique pour cette entreprise familiale née en 1830, dirigée aujourd’hui par Julien Nau et sa sœur Marie, représentants de la sixième génération à la tête de l’affaire. A la fin des années 90, l’entreprise fait le choix de se diversifier. Rapidement, devant l’essor du marché du whisky, elle décide de mettre son savoir-faire au service de ce spiritueux encore naissant en France. Une brasserie destinée à l’élaboration du whisky voit le jour en 2016, et en 2021, le premier whisky Pointe Blanche arrive chez les cavistes. « Il a fallu tout remettre à plat pour y parvenir, raconte Marie Nau, car la distillation d’eaux de vie de fruits et celle de céréales n’ont rien à voir. Mais avec près de 150 ans d’expérience, nous étions armés pour mener cette diversification. »

Entièrement réalisés à la distillerie, ses whiskies, issus de céréales françaises, se distinguent par leur touche locale : après un premier vieillissement dans les chais de la distillerie, ils passent ensuite un à trois ans dans une cabane sur la côte de l’île d’Oléron. « Ce vieillissement sur la côte permet non seulement de garantir des conditions de températures et d’humidité idéales, mais aussi de nourrir le bois des fûts dans lesquels le whisky vient puiser ses arômes salins », reprend Marie Nau. Par ailleurs, avec un taux d’évaporation beaucoup plus élevé (6 % contre 2 à 3 % dans les terres), le vieillissement au sein de la cabane s’en trouve nettement accéléré. De fait, son whisky Classique, fer de lance de sa gamme, présente une indéniable note saline et boisée. Un caractère qu’il doit au vieillissement en mer mais aussi aux fûts ex-Islay qui l’accueillent pendant un an au moins.Décrit par Marie Nau comme un « whisky de copains », ce Pointe Blanche Classique se montre bien plus que cela : un whisky parfaitement abouti qui n’a rien à envier aux grands noms. Bien qu’encore confidentiel – environ 10 000 bouteilles par an –, Pointe Blanche illustre bien comment, avec une pointe d’audace, l’art de la distillation du cognac a su se mettre au service du whisky.

Total
0
Shares
Share 0
Tweet 0
Pin it 0
Sur le même Thème
  • armorik
  • single malt
  • spiritueux
  • whisky
  • whisky français
Article précédent
  • Evasion
  • Voyages

La classe affaires selon Air Caraïbes

Article
Vous pourriez aussi aimer ...
Article
  • Savoir-Faire
  • Vin

Château Guiraud : Redécouvrir la magie du Sauternes

  • Xavier Aubercy
  • 22 février 2024
Article
  • A la Une
  • Culture
  • Savoir-Faire

Editions des Saints Pères : Le Beau et les Mots

  • Xavier Aubercy
  • 25 janvier 2023
Article
  • Savoir-Faire
  • Vin

Champagne Colin : “la terre n’est pas figée”

  • Romain Riviere
  • 7 décembre 2022
Article
  • Artisanat

Jean-Paul Hevin : le Goût du Bonheur et du Chocolat.

  • Romain Riviere
  • 30 octobre 2022
Article
  • Artisanat
  • Savoir-Faire

Samuel Gassmann : Nacrément Beau

  • Romain Riviere
  • 14 octobre 2022
Article
  • Gastronomie
  • Savoir-Faire

Rozelieures dévoile deux nouvelles éditions limitées

  • Romain Riviere
  • 22 avril 2022
Article
  • Savoir-Faire
  • Vin

Souvenirs du Larzac

  • Romain Riviere
  • 7 septembre 2021
Article
  • Horlogerie
  • Savoir-Faire

Quand Omega bronze à l’or

  • Romain Riviere
  • 6 juillet 2021
lhonoremagazine
  • Facebook
  • Instagram
  • Nous Contacter
  • Confidentialité
  • Mentions Légales

Input your search keywords and press Enter.

  • Français