La distillerie des Hauts de Montrouge dévoile Ashaninka, une liqueur d’armagnac à l’orange infusée aux écorces de fèves de cacao, fruit d’une rencontre avec Hasnaâ Chocolats Grands Crus.
C’est l’histoire d’une rencontre. Celle de Rémy Fournet, maître de chai des Hauts de Montrouge, avec… une écorce. Plus précisément, avec l’enveloppe de la fève de cacao, ce « déchet noble » qui se sépare du grué au moment de la transformation de la fève. Lorsqu’il pousse la porte de la chocolaterie d’Hasnaâ Ferreira, à Bordeaux, le distillateur de la coopérative viticole gersoise remarque ces écorces délaissées. Il y décèle aussitôt une promesse : celle d’un dialogue inédit avec l’armagnac dont il connaît chaque nuance. Une intuition qu’il partage avec la fondatrice d’Hasnaâ Chocolats Grands Crus. Commence alors une réflexion et une recherche à quatre mains, avec pour ambition de composer une liqueur où le cacao trouverait un écrin à sa mesure.

Il faudra sélectionner, goûter, infuser, recommencer. Jusqu’à cette rencontre du cacao Qori Inti – distingué en 2023 par le titre de « Meilleur chocolat au monde » pour la tablette qui porte son nom – et de la liqueur d’armagnac à l’orange, l’une des signatures des Hauts de Montrouge. Le premier, découvert par Hasnaâ Ferreira lors d’un voyage en Amazonie péruvienne, déploie une palette aromatique d’une grande richesse. La seconde lui fait écho par sa fraîcheur d’agrumes et la profondeur de l’armagnac. L’accord est là, évident, inattendu. Restait à trouver le geste juste. Celui qui permettrait de révéler les notes du cacao sans altérer la structure, la profondeur ni la longueur de la liqueur. L’infusion des écorces de fèves de cacao s’impose alors naturellement. Une matière jusque-là considérée comme résiduelle devient ainsi le trait d’union entre deux univers.

De cette alchimie naît Ashaninka, ainsi nommée en hommage au peuple autochtone d’Amazonie qui, depuis des siècles, veille sur son territoire, sa culture et son mode de vie. À la dégustation, la liqueur révèle trois dimensions qui se répondent dans un grand équilibre : la puissance chaleureuse de l’armagnac, l’éclat gourmand de l’orange et la profondeur, plus mystérieuse, du cacao. Une fraîcheur délicate prolonge l’ensemble à travers une finale longue et élégante, et en dessine la signature. Pensée d’abord pour être dégustée pure, Ashaninka trouve également naturellement sa place auprès d’un fromage à pâte dure, d’un foie gras ou d’un dessert au chocolat. Mais son équilibre ouvre aussi le champ de la mixologie, où ses notes de cacao et d’agrumes peuvent composer d’autres variations.